Bénin: cybersécurité / cyberdéfense, que prévoit le PAG ? (2 sur 2)

Dans la suite de la précédente publication, l’Agence Privée d’Investigations et d’Analyses Stratégiques (APIAS), cabinet d’experts pluridisciplinaires intervenant dans les domaines de l’Intelligence Economique, des Renseignements économiques, en expertise et conseil en sécurité, l’un des rares cabinets en Afrique et au Bénin en particulier qui s’occupe de la cybersécurité, de la cyberdéfense, de la prévention et de l’élaboration de la stratégie en matière du maintien de l’ordre, vous propose de découvrir ensemble le programme d’action du gouvernement béninois au regard des dernières cyberattaques à travers le monde.

Bénin: cybersécurité / cyberdéfense, que prévoit le PAG ? (1 sur 2)

Etat des lieux des différentes cyberattaques à travers le monde depuis 2013

L’utilisation du numérique à travers les services électroniques expose les utilisateurs à des vols de données, de propriété intellectuelle, d’informations d’identité personnelle, de dommage à la réputation, d’interruption de service etc… Dans les pays où l’utilisation du numérique est généralisée, diverses attaques sont enregistrées. Citons entre autres l’attaque de 2013 du groupe Anonymous Côte d’Ivoire qui a attaqué les fournisseurs d’accès à internet du pays. Cette attaque appelée WAR ISP 225 réclamait aux fournisseurs la baisse des tarifs afin de démocratiser l’accès à internet à l’ensemble des ivoiriens. En avril 2014, le serveur de l’Agence de l’Informatique de l’Etat sénégalais a été attaqué par le collectif Anonymous Sénégal.

Ainsi, 47 sites gouvernementaux (primature, ministère des finances, de l’éducation nationale, de l’agriculture…) ont été effacés. En janvier 2015, le serveur de l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) du Sénégal a de nouveau été attaqué suite aux évènements de Charlie Hebdo en France.

La « Nigerian Cyber Army » attaque régulièrement les sites gouvernementaux, comme celui de l’Assemblée nationale du Nigeria. En mars 2015, le groupe a attaqué le site internet de la Commission Electorale Nationale Indépendante du Nigeria. Il existe aussi un groupe nommé « Anonymous Africa » qui milite contre la corruption et pour la démocratie.

L’anecdote est que, en pleine rédaction de cet article les sites de l’Etat du Burkina Faso ont été victimes d’une cyberattaque.

Le 23 mai dernier, il a été révélé que les hackers ont réussi à atteindre une dizaine de sites web du gouvernement burkinabè et des institutions comme la douane, le ministère des Mines, et le ministère de l’Agriculture depuis la fin de la semaine dernière et c’est seulement quelques jours après que ces sites sont à nouveau sous contrôle étatique. Ces attaques et surtout la dernière sont les preuves tangibles que l’Afrique et particulièrement le Bénin ne sont donc pas à l’abri de ces menaces cybernétiques. Personne n’oserait penser que le Bénin soit à l’abri. Nous avons la certitude que des serveurs de l’Etat sont attaqués et des sites bloqués ; que les banques et d’autres institutions subissent fréquemment des attaques. Mais l’absence d’instances ayant en charge la coordination de la supervision et de ces incidences et le défaut de communication laissent tout le monde dans l’ignorance totale.

Le cabinet APIAS tient à attirer l’attention du gouvernement béninois sur la non prise en compte de ces enjeux qui font pourtant l’actualité internationale. Le weekend du 13 Mai 2017, une attaque cybercriminelle à l’échelle mondiale a touché plus de 200.000 postes dans 150 pays et a créé de nombreux dommages tels que l’interruption de la production dans certaines usines dont Renault, l’impossibilité de consultation de données médicales dans certaines cliniques et bien d’autres.

C’est donc pour réduire les risques de survenance de ces attaques qui touchent de façon néfaste à l’économie que les pays avertis consacrent d’ailleurs une partie de leurs ressources financières à la lutte contre la cybercriminalité. Selon le rapport “estimation du coût global de la cybercriminalité Impact économique de la cybercriminalité II”, CISS Juin 2014 de McAfee, la France consacre 0,11% de son Produit Intérieur Brut à la lutte contre la cybercriminalité. Le Royaume Uni quant à lui y consacre 0,16% de son PIB, la Chine 0,63%, les Etats Unis 0,64% et l’Allemagne 1,60%. Certains pays africains ne sont pas du reste. Le même rapport révèle que le Kenya consacre 0,01% de son PIB pour la même cause. Le Nigéria 0,08%, l’Afrique du sud 0,14%, la Zambie 0,19%. Que faisons-nous au Bénin ? Seuls les gouvernants peuvent nous renseigner.

Selon toujours le même rapport, la cybercriminalité coûte à l’économie mondiale environ 475 milliards de dollars chaque année; les plus grandes économies du monde États-Unis, Chine, Japon et Allemagne enregistrent des pertes de l’ordre de 200 milliards de dollars.

Il estime que le coût global de la cybercriminalité atteindra 2.000 milliards de dollars d’ici 2019. La cybercriminalité a de sérieuses implications pour l’emploi, dans les économies développées. Environ 200.000 et 150.000 emplois sont perdus respectivement aux États-Unis et dans l’Union Européenne. Les pertes liées aux informations personnelles, telles que les données de cartes de crédit volées, ont été portées jusqu’à 150 milliards de dollars.

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Comment réalise –t-on la sécurité économique au sein d’une entreprise où d’un Etat ?

La cybercriminalité entrave le commerce, la compétitivité, l’innovation et la croissance économique mondiale. Son coût continuera à augmenter au fur et à mesure que plus de fonctions gouvernementales et commerciales seront mises en ligne et que plus de gouvernements, entreprises et particuliers se connectent à Internet dans le monde entier. Les pertes liées au vol de la propriété intellectuelle augmenteront également à mesure que les acquéreurs améliorent leur capacité à l’utiliser pour fabriquer des produits concurrents. La cybercriminalité est une menace pour la classe à croissance rapide des actifs numériques et leur intégrité. Elle est une gangrène pour l’innovation et ralentit son rythme mondial.

Que faire ?

Les gouvernements doivent commencer des efforts sérieux et systématiques pour recueillir et publier des données sur la cybercriminalité afin d’aider les pays et les entreprises à faire de meilleurs choix en matière de risque et de politique.
La réflexion proactive vitale sur ces enjeux ne peut donc plus être ignorée et doit être dès à présent prise en compte car la plus grande valeur d’un pays est certainement la sécurité qu’elle peut offrir à ses citoyens. Le cabinet APIAS peut apporter son expertise et ses conseils dans ce domaine aux instances gouvernementales.

Le PAG est donc resté muet sur la cybercriminalité, les cybercrimes, etc. Aucun projet dans le sens de la réduction ou de la lutte efficace contre ces fléaux ; aucun projet d’installation et de renforcement de dispositifs de lutte contre ces fléaux.

Au regard de l’intérêt que revêt les technologies de l’information et de la communication dans la vision du développement du Bénin à travers le PAG, il est opportun, voire primordial que la réflexion et l’action soient enclenchées afin que les structures et les textes idoines soient mis en place pour la sécurité intégrale aux citoyens, tout ceci de concert avec les professionnels du domaine.

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