Intégrisme religieux à Banamè : et si c’était Yayi qui avait trouvé la formule ?

Depuis quelques années, la cohabitation pacifique entre les religions qui caractérise notre  pays fut mis à mal par la naissance d’un mouvement religieux du nom de l’église de Jésus Christ de Banamè dont la nommée Vicentia Tadagbé Tchranvoun-Kinni  dit «Parfaite, Daagbo, l’Esprit Saint de Banamè est le dieu fondateur.

Depuis son avènement, ce mouvement religieux a été au cœur de beaucoup d’affrontements contre d’autres courants religieux compte tenu des messages d’agressivité  dont le dieu daagbo seul en est le secret.

Ainsi, en juillet 2014, une vive altercation a éclaté entre les disciples de « Daagbo »et des populations de Godomey (Abomey-Calavi). Elle avait fait  plusieurs blessés graves. En novembre 2015, le quartier Dépôt, arrondissement du Plateau, dans la commune de Savè a été le théâtre d’une violente bataille  entre des fidèles de la paroisse St Jean Marie Vianney (Eglise catholique romaine) et les fidèles de l’Eglise de Banamè. On reproche souvent aux proches du dieu de Banamè, des propos osés et violents et ses attaques frontales contre les autres confessions religieuses.

Par ailleurs, Grégoire Agbéssi, responsable d’un groupe de prières sur une paroisse à Bohicon fut envahi un mercredi du mois de mai 2014 à son domicile par la jeune fille parfaite (Daagbo) et ses disciples.

En effet, Grégoire Agbessi a eu la « malchance » d’enregistrer le témoignage de Jeanne Hounwèdo, tante de Parfaite, qui a raconté l’histoire de cette jeune fille devenue « esprit saint ». Un CD qui a été multiplié a fait le tour du pays. Dès lors, il est devenu la cible de Parfaite qui ne cesse de proférer des menaces à son encontre. Elle a même réussi à tabasser l’épouse de Agbéssi,  ses enfants et quelques autres membres de la famille.

Face à cette situation, le sieur Agbéssi du Rassemblement des fidèles laïcs engagés dans l’Eglise catholique de Bohicon a saisi le Préfet des départements du Zou et Collines d’alors, le Ministre de l’intérieur et le Président de la République, le docteur Thomas Boni Yayi pour notifier que Parfaite, pour son culte, utilise les attributs et marques de l’Eglise catholique et imite la Sainte messe. Ce qui a contribué à la prise d’une décision qui demandait à cette dernière de trouver ses propres attributs. Mais en guise de réponse, Ils sont venus implanter un hangar devant la maison de Grégoire Agbessi et y tenait leur culte.

Pour préserver la paix et prévenir une éventuelle guerre des religions, le gouvernement d’alors a pris lors du conseil des ministres du vendredi 31 Janvier 2014 d’importantes décisions dans le sens de la recherche de la paix.

Dans cette perspective, le Conseil des Ministres a recommandé vivement aux confessions religieuses professant leur foi dans notre pays :

  • le respect des Institutions de la République et des autorités à tous les niveaux ;
  • la cessation immédiate des injures, des menaces, des contraintes et la profanation des lieux de culte ou considérés sacrés ;
  • la promotion du dialogue inter religieux en vue de prévenir l’incompréhension et l’intolérance qui conduisent à l’affrontement et aux divisions ;

Il convient de rappeler ici que le 22 janvier 2014, le Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes a fait état au Conseil des Ministres, des nombreuses plaintes qui lui sont parvenues, provenant aussi bien de certaines confessions religieuses (Eglise Catholique, religions endogènes) que des autorités politiques, administratives et royales accusant l’Eglise de Banamè.

Mais face à la persistance des dérives verbales, le gouvernement du président Boni Yayi a pris ses responsabilités en interdisant à l’église de Banamè toute activité publique sans autorisation (encore que son enregistrement au ministère de l’intérieur n’était pas effective). Daagbo ne pouvait alors plus tenir des manifestations sur l’esplanade du stade de l’amitié (son lieu favori) ni dans aucune autre place publique. Il s’en est suivi une accalmie.

Mais avec l’avènement du nouveau départ, l’église de Banamè a repris avec les activités dans des places publiques malheureusement avec les mêmes provocations et les mêmes attaques verbales. Conduites qui ont été à la base du violent affrontement du dimanche 08 Janvier 2017.

Si la maîtrise de soi n’est pas la chose la mieux partagée au sein de ce courant religieux, il serait bien pour l’intérêt de la paix et de la cohésion sociale et pour le respect de la laïcité que les cultes et autres manifestations religieuses de ce mouvement puissent se faire à l’intérieur de leurs paroisses ou autres lieux de cultes et non sur la place publique.

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