Bénin/Religion : les explications du dieu de banamè sur l’arrestation de ses fidèles armés

Parfaite ou Daagbo de Gbanamè
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La brigade territoriale de gendarmerie de Bohicon a intercepté dans la soirée du lundi 09 janvier 2016, une bâchée transportant 26 fidèles de l’église de Banamè armés de fusils de chasse, de gourdins et de machettes. Selon les premiers éléments d’analyse, il s’agirait d’une expédition punitive de l’église de Banamè contre les populations de Djimè à Abomey suite à l’affrontement du dimanche 08 Janvier.

Suite à cette arrestation de ces fidèles qui seront présentés au procureur selon les explications du commandant de la brigade de Bohicon, les dignitaires de l’église de Gbanamè ont tenu hier, Mardi 10 Janvier 2017 au presbytère de  Godomey un point au cours duquel ils ont porté un doigt accusateur sur les forces de sécurités publiques qui selon leur dire seraient en intelligence avec les assaillants. Ils ont aussi saisi l’occasion de ce point de presse pour apporter des éléments de réponses sur les raisons qui justifient le convoiement des « armes de défense » interceptés par la gendarmerie.

Selon Parfaite, dit « Daagbo », les daagbovis (nom attribué à ses fidèles) ont subi les agressions les plus déconcertantes de leur existence et ce « à la barbe d’une horde de policiers et de gendarmes lourdement armés et régulièrement commis pour couvrir la convention annuelle » organisée par les membres de cette église.

Pour le clergé de l’église de Gbanamè ayant à sa tête « Daagbo », ce comportement de nos forces de l’ordre, plus qu’une démission est une complicité ont affirmé les conférenciés. « Devant cette démission curieuse et suspecte des forces de l’ordre, que peuvent alors faire des citoyens mutilés et qui continuent de recevoir des menaces de mort, si ce n’est de s’outiller pour se défendre face à toutes agressions éventuelles » affirment-ils pour justifier la présence des armes qui ont été interceptés dans la soirée du Lundi 09 Janvier 2017.

Le dieu de Gbanamè reconnait avoir convié ses fidèles à se défendre par tous les moyens possibles face à la rumeur persistante d’une nouvelle attaque. Ce qui justifierait la présence des armes de fabrication artisanales, les machettes, les gourdins dans la voiture bâché interceptée à hauteur de Bohicon. Au dire de daagbo, c’est une mesure légitime face à la démission des forces de l’ordre.

«… voilà la mesure juste, légitime, légale et constitutionnelle à laquelle Daagbo dieu Esprit Saint, le dieu de Banamè a convié ses enfants et qui peut se résumer ainsi : « Daagbovis, si les rumeurs que nous entendons maintenant se confirmaient et que les assaillants qui se préparaient, venaient encore à vous agresser, défendez-vous fébrilement et légitimement ». a instruit daagbo à l’endroit de ses fidèles en prenant cette instruction pour de la « légitime défense et non une incitation à l’insurrection ».

A en croire le dieu de Gbanamè, les personnes interceptées par la brigade sont des gardiens qui veillent sur la sécurité des différentes paroisses et elles seraient convoyées pour assurer la sécurité des paroisses qui sont sous le coup des menaces. Banalisant la situation, Daagbo affirme « que c’est chose courante de voir des agriculteurs se déplacer avec des machettes pour aller au champ ou des chasseurs se munir de fusil de fabrication artisanal et même des gardiens détenir sur eux des armes » C’est pourquoi il dit déplorer les conditions dans lesquelles les personnes interceptées avec des armes sont traitées : «Ils ont été déshabillés, menottés comme des délinquants. »

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