Bénin : le maire Luc Atrokpo accusé de faux en écriture publique

Luc Atrokpo, Maire de la commune de Bohicon.

La troisième session ordinaire de l’année 2016 de la mairie de Bohicon n’aura pas été comme les autres pour le maire Luc Atrokpo. Cette session a en effet nourri la fronde qui s’est formée depuis quelques mois autour de la gestion du premier locataire de l’hôtel de ville de Bohicon. Avec à sa tête trois conseillers clés de la municipalité, le groupe des frondeurs constitué de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2016 Elisabeth Agbossaga, de Norbert Guédézounmè et de Sylvestre Atognibo a tenu la semaine dernière une conférence de presse pour fustiger la gestion jugée peu orthodoxe du maire.

Selon ces derniers, depuis plus d’une décennie, la mauvaise gestion a pris le pas sur toutes les décisions communales. Pour Elisabeth Agbossaga,le budget présenté à l’autorité de tutelle par le maire Luc Attrokpo n’est pas celui voté en conseil communal. « Pour le budget 2016 que nous (conseil communal ndlr) avons voté, il était question que le budget des investissements soit supérieur aux fonds de fonctionnement mais à notre grande surprise, c’est le contraire qui a été présenté à l’autorité de tutelle pour validation » a t-elle laissé entendre.

A en croire le principal conférencier, le budget présenté au préfet comporte comme budget de fonctionnement, la somme de 1 milliard 424 millions 239 mille 55 francs CFA tandis que celui d’investissement est estimé à 1 milliard 308 millions 883 mille 233 francs CFA. Selon lui, « quand on fait l’étude comparée du budget voté en novembre 2015 et celui en exécution à la date d’aujourd’hui, il révèle clairement que entre l’adoption du budget par le conseil communal et l’approbation par le préfet, il y a eu manipulation des chiffres et l’introduction de nouvelle rubrique de dépenses« . Ces rubriques étant entre autres les frais de cours de vacances organisés par la municipalité au profit des élèves de la commune ainsi que l’achat du logiciel de gestion comptable de la mairie dont le cout envoisine les 21 millions de francs CFA. Toute chose qui fait dire aux conseillers dissidents qu' »il y a faux en écriture publique » au sommet de leur collectivité territoriale.