Eléction de Anjorin à la FBF : intégralité du point de presse de Oswald Homéky.

Le gouvernement du président Patrice Talon a hérité d’une crise majeure dans la famille du football béninois. Dès les premières heures de notre prise de service, nous avons entrepris de rencontrer les différents protagonistes afin d’étudier avec eux les voies et moyens d’une résolution définitive de la crise. Ces différentes rencontres élargies à d’autres acteurs qui avaient été écartés à l’issue des crises précédentes ont abouti le mardi 31 mai 2016 à la signature d’un protocole d’accord que nous avons transmis aux instances faitières dans le cadre d’un plaidoyer pour la levée de la suspension du Bénin.

Comme nous l’avons mentionné dans ce document, la médiation gouvernementale devrait aboutir à une réunification intégrale de la famille du football béninois et à l’installation d’un comité exécutif dans un climat consensuel.

Suite à la rétractation le 1er juin 2016 de la décision de justice suspendant la tenue de l’assemblée générale de la fédération béninoise de football initialement prévu pour le 04 mai 2016 d’une part et à la lettre de la FIFA demandant au comité de normalisation d’organiser l’assemblée générale élective au plus tard le 11 juin 2016 d’autre part, nous avons organisé le mercredi 08 juin 2016 une rencontre entre les différents protagonistes de la crise afin de discuter des conditions de la tenue éventuelle de cette assemblée générale élective. N’ayant pas trouvé un accord, à cause de la crise de confiance entre les différents protagonistes, nous avons convenu de nous revoir en vue d’une harmonisation des points de vue avant la tenue de l’assemblée générale les uns soutenant que le match qualificatif de l’équipe nationale sénior à la Can Gabon 2017 était primordial et les autres soutenant que le match n’était pas au dessus de la crise.

Dans une lettre nous invitant à prononcer un discours d’ouverture des travaux, nous avons été informé de la décision du comité de normalisation de tenir l’assemblée générale élective pour le vendredi 10 juin 2016 au palais des congrès de Cotonou.

Par la suite, nous avons été informé de ce qu’une nouvelle décision du tribunal de Porto Novo suspendait la tenue de l’assemblée générale et avons nous-mêmes immédiatement demandé à en recevoir copie. Celle-ci nous a été notifiée par voie d’huissier en fin d’après-midi du jeudi 09 juin 2016.

Prenant acte de la décision, nous avons décidé de ne pas participer en personne aux travaux de l’assemblée générale élective et n’avons délégué aucun représentant du ministère des sports pour y participer.

Les rumeurs faisant état de ce que Monsieur Ali Yaro, directeur des sports d’élites y était en notre nom, sont archi-fausses, ce dernier étant bel et bien resté dans son bureau toute la journée du vendredi.

Le ministère des sports n’a donc pas bravé la décision de justice et n’a pas cautionné l’organisation de cette assemblée générale.

Quant à la présence des forces de l’ordre sur les lieux, présence qui est interprétée comme une complicité du gouvernement ne saurait l’être. Car ces dernières ont été sollicitées depuis plusieurs jours comme le font tous nos citoyens par les organisateurs pour la sécurisation de leur manifestation. Elles étaient donc dans leur rôle et n’avaient reçu aucune consigne de leur ministre de tutelle ou encore moins d’un ministre du gouvernement tel qu’il soit en vue d’empêcher les bénéficiaires de l’ordonnance du juge de la notifier aux organisateurs de l’assemblée générale. Pour preuve, c’est d’ailleurs avec le concours d’un agent des forces de sécurité dépendant donc du ministère et du gouvernement que l’huissier commis par les bénéficiaires de l’ordonnance a pu accéder à la salle.

Il est important de préciser qu’en la matière, il ne revient pas au gouvernement de notifier une décision de justice à des membres d’une association autonome mais d’en garantir l’exécution à la demande des bénéficiaires.

Dans le cas d’espèce, et comme mentionné dans l’ordonnance du juge, il revient aux requérants de recourir à la force publique pour faire respecter la mesure de suspension et non au gouvernement de se substituer aux requérants.

En tout état de cause, la confrontation des constats d’huissier et le débat juridique qui découle de cette situation inédite situeront les uns et les autres sur la légalité de l’assemblée générale élective et la légitimité du bureau élu.

Pour l’instant, nous notons que la FIFA, tenant acte de la tenue de l’assemblée générale elective a levé la suspension du bénin permettant ainsi à l’équipe nationale senior de discuter son match qualificatif du dimanche 12 juin 2016 face à la Guinée Equatoriale. Cette rencontre relevant du volet sportif et entrant dans l’intérêt de tout le people béninois contrairement à la crise qui relève du volet politique qui n’oppose que quelques personnes, il nous parait logique de séparer le match de la crise et d’en appeler à une union sacrée de tous, y compris des protagonistes autour de notre équipe nationale en vue d’une victoire dimanche prochain.

Pour ce qui est de notre presence au stade de l’amitié dimanche prochain cela relève non pas d’une caution quelconque mais du devoir républicain fait au gouvernement et au ministre de tutelle d’accompagner l’équipe nationale en toute circonstance.

J’invite donc le public à faire massivement le déplacement du stade de l’amitié Mathieu Kérékou pour soutenir les écureuils du Bénin en attendant que la mediation ne se poursuive en vue de la reunification de la famille du football béninois.